Alors qu’elle était accusée de détention de cinq kilogrammes de cocaïne et d’une somme de 350 millions de F Cfa, l’artiste a réagi sur la radio Zik Fm en balayant d’un revers de main toutes ces accusations. Dans une interview accordée à la radio dakaroise et reprise par Seneweb.com, Khady Diaw et son époux sont intervenus d’Italie pour dénoncer cette forme de cabale dont ils sont victimes, par presse interposée. Les journalistes sont encore mis en cause dans cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive sans que la présumée fautive ait pu donner sa version des faits. Son intervention aura permis au moins de clarifier le débat. Sans que l’on connaisse véritablement les tenants et les aboutissants de cette affaire, l’on peut déclarer sans risque de se tromper que Khady Diaw s’est blanchie de tout soupçon du moins en ce qui concerne les accusations de détention de drogue dure et de trafic de devise
Deux arguments que l’artiste a elle même donnés fondent cette hypothèse. D’une part, comment peut-elle encore humer l’air de la liberté si elle était alpaguée par la gendarmerie italienne avec cinq kilogrammes de cocaïne ? Ce délit s’il était avéré, lui aurait valu un séjour carcéral de 5 à 10 ans. D’autre part, «qu’est ce qu’on ferait en Europe avec une somme pareille (350 millions de F Cfa) ? », s’est demandé l’artiste. Elle a parlé pour tous les émigrés qui ont quitté leur pays d’origine, bravant les rigueurs d’un climat et des populations souvent hostiles pour donner un sens à leur existence. Ajouter à cette situation déjà peu envieuse des dénigrements dans la presse, est la meilleure manière de pourrir la vie à quelqu’un.
Accessible à tous, l’internet est aujourd’hui devenu un outil pour régler des comptes personnels sous le couvert de l’anonymat. Mais quand la presse s’y met, la situation devient explosive. La responsabilité du journaliste est avant tout de vérifier toute information à lui livrée. On ne peut se permettre d’être des caisses de résonnance de personnes mues par leurs simples intérêts en oubliant, souvent volontairement, cette vérité élémentaire : « toute source trouve un intérêt dans l’information véhiculée». Par conséquent, le journaliste a l’obligation de la confirmer, de la «recouper» avant publication.
Cette condition est plus que nécessaire à la veille d’un événement aussi capital que l’élection présidentielle. Comment croire à toutes ces voix qui se sont élevées en même temps ? Elles prétendent toutes être les messies de populations malheureusement déroutées par le flux considérable d’informations qui s’imposent à elles partout et à tout moment (télévision, radio, presse, internet, affichages… ). Cette pluralité médiatique qui devait être salutaire pour les populations, ajoute à la cacophonie et perturbe leur capacité de discernement. C’est parce que les journalistes ont oublié de jouer leur rôle. Pressentis pour aider à mieux comprendre le déroulement des choses, ils sont devenus acteurs dans un jeu où ils étaient initialement arbitre. Conséquence : ils sont candidats à l’élection présidentielle s’ils ne pullulent pas les rédactions à la solde d’un camp.
Mbaye NDOUR
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