Il est 16 heures, à la place de l’obélisque, les manifestants sont rassemblés par petits groupes, on discute ça et là de la conduite à tenir. Pour cette fois ci, il n’y a pas de podium, ni sonorisation, les manifestants étaient laissés à eux mêmes. De jeunes manifestants demandent à la foule de marcher sur le palais, Talla Sylla le seul leader présent sur les lieux tente de les dissuader.
A 18 heures, une sonorisation de fortune est branchée, les leaders commencent à arriver sur la place, on se croirait à un meeting puisque chaque candidat ou mouvement veut se faire remarquer par une entrée fracassante, leur garde du corps ne manquent pas d’en découdre avec les organisateurs, puisque c’est la toute la délégation du leader qui veut forcer le passage.
C’est un désordre indescriptible qui règne sur place, personne n’est capable de dire la conduite à suivre, il n’y a pas de mot d’ordre, certains estiment que le jour n’est pas un jour où il faut faire des discours, mais des actions. D’autres estiment qu’il faut se limiter au rassemblement pacifique. Ousmane Tanor Dieng déplore les improvisations notées dans la conduite des mots d’ordre. Pendant ce temps, des jeunes provoquent les forces de l’ordre en leur lançant des pierres. Certains organisateurs tentent de les dissuader sans trop y parvenir, les forces de l’ordre chargent les manifestants et dispersent la foule. On apprendra plus tard qu’un manifestant est décédé. Une fois encore le Sénégal perd un de ses enfants, aucun proche de leader n’est jamais tombé au champ d’honneur, mieux aucun d’entre eux n’a été ni bléssé, ni arrêté. Cela doit pousser la jeunesse à réfléchir avant d’agir.
Doudou COULIBALY.
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